Armand Lowenthal (1919 - 2001 )

Armand LowenthalNé à La Haye (Pays-Bas) où ses parents s’étaient réfugiés pendant la Première Guerre Mondiale, Armand suivit l‘enseignement primaire à l’école de la ville d’Anvers SOJ 3. Après ses humanités à l’Athénée Royal d’Anvers, il entama en 1937 ses études de Médecine à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Les persécutions raciales nazies l’obligèrent de fuir la Belgique occupée et, réfugié en Suisse, il parvint à reprendre ses études à l’université de Genève. En 1944 il y fut diplomé Docteur en Médecine.  Revenu à Anvers, il devint d’abord assistant dans le service de Médecine Interne à l’Hopital Stuivenberg, puis décida de se spécialiser en Neurologie à l’Institut Bunge sous la direction du Prof. Ludo van Bogaert. Pendant ses études la biochimie l’avait passionné et il avait passé le plus clair de son temps libre au laboratoire de Biochimie de l’ULB. Parallèlement à sa formation à l’Institut Bunge, il reprit ses recherches sur  la biochimie du système neurologique. En 1959 il devint Agrégé de l’ULB et y donna le cours de Biochimie Pathologique du Système Nerveux. Dès 1963 il fut promu chef-adjoint du service de neurologie et chef du laboratoire de neurochimie de la Fondation Born-Bunge, fonction qu’il occupa jusqu’en 1989.

Travailleur acharné, il fit non seulement une carrière clinique plus que remarquable, mais encore et simultanément une carrière académique exceptionnelle. Pour ce qui est de la partie clinique, il fut le grand Patron de la Neurologie à l’Hopital Middelheim de 1969 à 1990. Quant à la facette académique, il fut titulaire de la Chaire de Neurologie à l’ULB en ensuite occupa la même charge à la Vrije Universiteit Brussel et à la Universitaire Instelling Antwerpen.

Ses contributions d’une part à l’etude des immunoglobulines du liquide céphalo-rachidien en particulier dans le domaine de la sclérose multiple et d’autre part au métabolisme de l’arginine lui valurent une reconnaissance scientifique mondiale.

Il serait fastidieux d’énumérer toutes les fonctions qu’il occupa tant en Belgique que dans le monde. Citons simplement qu’en 1993 il devint le vice-président de la World Federation of Neurology. Rares sont les pays où il ne présenta pas aux congrès les plus importants les résultats de ses recherches .  Au-delà de 500 publications dans les journaux scientifiques les plus réputés , une dizaine de livres dont il fut le concepteur principal et d’innombrables confèrences témoignent de son inépuisable intérêt pour la Neurologie.

Mais Armand ne fut pas seulement un homme de sciences et un médécin hors pair, il fut aussi un homme passionnant et passionné. Lecteur vorace et doué d’une mémoire prodigieuse, ses connaissances à propos de l’histoire, des arts et de tout ce qui concernait la culture purent à juste titre le faire considérer comme un authentique humaniste. Libre-exaministe convaincu et exigeant, il devint tout naturellement un libre-penseur qui s’appliquait à s’engager dans le monde autour de lui. Son intelligence brillante, sa mémoire infaillible, son sens critique pointu, son pouvoir d’analyse et de synthèse en firent un causeur apprécié, capable d’envoûter n’importe quel auditoire.

En 1967 il fut initié à la Loge Maçonnique « Les Amis du Commerce et la Persévérance Réunis » à Anvers. Il fut un Maçon modèle , d’une fidélité et assiduité à toute épreuve. Pendant 3 ans il dirigea sa Loge en tant que Vénérable Maitre et marqua son Atelier de sa personnalité charismatique et rationaliste.

Il fut le premier Président du Comité de la Loge pour l’attribution du Prix de la Recherche Médicale dont il guida la destinée de 1972 à 2000.

Décédé le 5 janvier 2001, avec lui  disparut non seulement un très grand Monsieur mais pour tous les membres de sa Loge un Frère éminemment apprécié.